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Les hommes veulent faire des bébés - entête

Les hommes veulent faire des bébés

Le cliché veut que les femmes soient obsédées par l’enfantement. Comme Monica dans Friends, comme Charlotte dans Sex and the city, et comme toutes ces petites filles qui jouent à la poupées.

Mais tranquillement, on reconnait que ce n’est pas vrai que toutes les femmes aspirent à être mères. Certaines ne veulent surtout pas avoir d’enfants et aimeraient pouvoir se faire ligaturer les trompes de Fallope, mais on les en empêche, alors que d’autres sont ambivalentes et ont autant peur de regretter de ne pas en avoir qu’elles ont peur de regretter d’en avoir.

Ce qui est constant, par contre, c’est que les hommes, eux, sont rarement représentés comme étant impatients de fonder une famille et que leur aveu de ne pas vouloir d’enfants ne cause pas le même état de choc. Au contraire, le lieu commun veut qu’ils soient réticents à s’engager et qu’ils ne ressentent jamais vraiment dans leurs tripes l’appel de la paternité, contrairement aux femmes avec leur fameuse « horloge biologique ».

Ça peut donc causer une immense surprise lorsqu’on observe les résultats de sondages qui démontrent que ce sont les hommes qui veulent plus que les femmes fonder une famille.

Selon un sondage de 2013 réalisé aux États-Unis, plus de 80 % des hommes veulent des enfants, contre 70 % des femmes.

En outre, un sondage américain de 2011 au sujet des célibataires (toutes orientations sexuelles confondues) renverse complètement nos idées reçues sur les hommes, les femmes et l’engagement amoureux. En plus de confirmer le renversement de situation autour du désir d’enfants, on y apprend que les hommes tombent en amour plus rapidement que les femmes (54% des hommes disent avoir déjà expérimenté le coup de foudre, contre 44% des femmes) et que ces dernières sont celles qui souhaitent le plus maintenir leur indépendance lorsqu’elles sont en couple (77% des femmes contre 58% des hommes).

Les clichés ont beau être tenaces… ils semblent reposer surtout sur du vent.

Ces données sur le désir de se caser concernent les Américains, soit, mais les statistiques canadiennes montrent quelque chose d’encore plus intéressant. Non seulement elles confirment que les hommes sont ceux qui veulent le plus engendrer des bébés, mais elles démontrent aussi que cette tendance ne date pas d’hier! Les sondeurs qui ont interrogé à partir de 1990 les Canadiens âgés de 15 à 44 ans sur leurs intentions de fonder une famille ont noté que plus d’hommes que de femmes voulaient procréer. Il y a 30 ans, 15 % des femmes disaient ne pas vouloir d’enfants, contre 10 % des hommes. Ce non-désir a augmenté depuis chez les deux groupes, mais les femmes sont toujours celles qui montrent le moins d’intérêt pour la parentalité (23% contre 19%) – et ce, dans toutes les tranches d’âges.

Bref, les hommes veulent faire des bébés - et dans une plus grande proportion que les femmes. Il est donc fort curieux qu’on véhicule tout le temps l’idée que c’est essentiellement la gent féminine qui est préoccupée par l’enfantement, et que les enjeux de la fertilité s’appliquent spécifiquement à elle.

 

Les hommes au-dessus de ces considérations?

On s’intéresse généralement assez peu à la fertilité des hommes. Vous me direz que c’est parce que celle-ci est moins précaire, biologiquement parlant… Mais en faisant des recherches et en discutant avec des experts dans le cadre de Sexplora, j’ai appris qu’en matière de procréation, lorsqu’on prend les couples hétérosexuels infertiles, c’est ainsi que se répartissent les problématiques :

- dans 40 % des cas, l’infertilité est attribuée à la femme;

- dans 30 % des cas, elle est attribuée à l’homme;

- dans 20 % des cas, le problème provient de la combinaison des deux partenaires (ils n’arrivent pas à se reproduire ensemble, mais ils pourraient probablement y arriver avec quelqu’un d’autre);

- et dans 10 % des cas, les médecins ne sont pas capables de trouver la cause du problème.

Donc les femmes sont un peu plus concernées par l’infertilité, mais les hommes le sont à peine moins. Pourquoi existe-t-il alors si peu d’études, d’articles de journaux et de films qui portent sur tous ces hommes qui veulent faire des bébés et des embuches sur leur chemin?

Lâchons donc un peu les femmes avec ça et intéressons-nous davantage aux messieurs!

On a longtemps prétendu que les hommes n’avaient d’intérêt que pour l’acte reproducteur en lui-même, mais, visiblement, il est temps de reconnaître que la reproduction les intéresse bien au-delà… neuf mois au-delà.