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Conseils mode : Comment ne pas porter de brassières

Ces dernières années, le port de la brassière est légèrement en recul, notamment avec l’apparition des bralettes, et à cause des féministes hystériques comme moi qui ont arrêté d’en porter pour des raisons de confort. Le phénomène est récent, mais observable, et l’industrie, paniquée, a répliqué avec un discours marketing rétorquant que si les femmes trouvent leurs brassières inconfortables, c’est parce qu’elles sont nounounes, qu’elles ne portent pas la bonne taille et qu’elles doivent aller en acheter d’autres.

Ben kin.

Si tant de femmes sont d’accord que ce n’est pas confortable, est-ce qu’on pourrait aussi considérer juste un furtif instant que c’est tout simplement parce que ce n’est PAS CONFORTABLE?

Que celles qui aiment ça en portent, pas de problème. Mais ce que je remarque, c’est que plus je parle de mon aversion profonde pour les soutiens-gorges autour de moi, plus de femmes m’avouent qu’elles aussi préfèreraient ne pas en porter. Si elles osaient. Mais elles n’osent pas.

On peut être d’accord avec tous les merveilleux arguments qui plaident pour la libération de nos seins mais quand même être mortifiées à l’idée de se pointer en public sans brassière.

Plusieurs femmes s’empêchent de verser de l’essence sur ce morceau de lingerie et de craquer une allumette... mais pas pour des raisons liées à la morphologie féminine. Elles ne craignent pas qu’en marchant, leurs seins sans attaches se mettent à bouger dans tous les sens et assomment les passants sur le trottoir en rebondissant. Non. Elles ont peur du jugement et appréhendent les regards insistants.

Je comprends. Surtout que nos corps sont différents, que notre rapport à notre corps est différent, et que les regards qui se posent sur eux le sont aussi. Mais je me risque ici à proposer quelques conseils de mode à celles qui aimeraient se donner l’option de ne pas porter de soutien-gorge tout en se sentant relativement à l’aise…

 

1- Y aller graduellement

D’abord, on peut se débarrasser de son porte-glandes-mammaires par étapes. On peut décider d'en mettre la semaine, mais pas le week-end, par exemple. Ou encore, y aller en fonction de l’occasion. Peut-être que vous n’êtes pas à l’aise d’aller à un entretien d’embauche sans brassière, mais que pour aller prendre un verre avec des amis, vous pouvez arborer la glotte désinvolte.

 

2- Porter une camisole comme armure

La plupart des chandails dans les magasins sont conçus pour être portés avec des soutiens-gorges. Ils vont donc laisser entrevoir distinctement les mamelons, surtout lorsqu’ils sont de couleurs pâles, et ceci peut poser problème dans une culture où le mamelon féminin est banni. Le truc est alors de se doter de camisoles ajustées au coton épais qui vont légèrement écraser les seins et amoindrir la visibilité des mamelons maudits sous le chandail incommode mais si joli.

 

3- Porter un veston

Pour faire efficacement écran aux regards malvenus, vous pouvez porter un veston. Ou une veste. Ou un cardigan. Ou une redingote si vous êtes un vampire.

 

4- Avoir les cheveux longs

Ça peut sembler étrange comme conseil, mais ça m’a sauvé bien souvent de situations où j’étais mal à l’aise de ne pas porter de brassière. Il m’arrive certains matins de passer le seuil de la porte pour affronter la journée avec nonchalance, sans camisole-de-force-mammaire, mais sans prévenir, je me retrouve dans un contexte professionnel qui exige une tenue de madame digne et bienséante. Pas de panique : je n’ai alors qu’à défaire ma queue de cheval, à placer mes cheveux devant ma poitrine et voilà! Mes mamelons disparaissent derrière un rideau de poils. C’est un accessoire de mode pratique, les cheveux. (À ne pas confondre avec les chevaux, qui peuvent eux aussi aider à dissimuler les mamelons, mais qui demandent plus d’entretien.)

 

5- Imaginer être Coco Chanel

La grande couturière Coco Chanel a révolutionné la mode au début du XXe siècle parce qu’elle était tannée des vêtements féminins encombrants, des corsets, des plumes et des froufrous qui faisaient ressembler les femmes à de gros cupcakes. Elle voulait libérer le corps féminin. Au départ, ses vêtements épurés n’étaient pas au goût de tout le monde, mais elle a persévéré dans son anticonformisme et c’est elle qui a eu raison : les corsets et autres apparats pâtissiers ont finalement été remisés. S'imaginer être Coco Chanel lorsqu’on fait des choix vestimentaires avant-gardistes peut aider à se sentir mieux (surtout si on oublie la partie où elle aimait les nazis).

 

6- S’affranchir de l’idée que les seins naturel c’est pas beau

Les brassières servent à déformer les seins pour les uniformiser. Or, comme tout le monde en porte, on a l’impression quand on regarde nos seins à l’état naturel qu’ils sont difformes. Il faut alors se rappeler de mettre les choses en perspectives : nos seins ne sont pas difformes, ce sont les brassières qui le sont. Gros, inégaux, menus, plats, ronds, éloignés, pointus : tout cela est normal. Et comme le dit le Pape, « tous les seins ont leur place au ciel ».

 

Finalement, ce n’est pas exactement un conseil, mais je propose que les femmes qui ne portent pas de brassières, on se donne de fiers high-fives entre nous quand on se croise. Voyez-vous, sur la route, les motocyclistes se font un signe de la main lorsqu’ils se croisent. Ils partagent le même mode de transport, ils font partie de la même sous-culture, alors ils se saluent. Et pourquoi pas? Si c’est bon pour les deux roues, c’est bon pour les deux boules.